Dans le Québec des années 1970 et 1980, les femmes artistes luttent pour la reconnaissance de leur travail dans un milieu largement dominé par les hommes. Carmen Coulombe fait partie de celles qui, par leur pratique et leur engagement, ont contribué à transformer le paysage artistique québécois.
Les années 1970 voient l'émergence d'un mouvement féministe puissant au Québec, qui touche tous les domaines de la vie sociale, culturelle et politique. Dans le monde de l'art, les femmes artistes commencent à revendiquer leur place, à questionner les structures de pouvoir et à créer des œuvres qui reflètent leur expérience et leur vision du monde.
Carmen Coulombe, cofondatrice d'Engramme et artiste graveure affirmée, incarne cette double dimension d'engagement : elle crée des œuvres qui explorent l'identité féminine tout en participant activement à la construction d'espaces où les artistes, femmes et hommes, peuvent travailler en toute égalité.
Sa série « Femmes ficelées » (1980) est particulièrement emblématique de cette période. À travers des images de femmes entravées par des liens, Carmen dénonce les contraintes sociales imposées aux femmes et interroge les mécanismes d'oppression avec une force visuelle remarquable.
Du 11 mars au 2 mai 1982, le Musée d'art contemporain de Montréal (MAC) présente l'exposition « Art et féminisme », un événement majeur dans l'histoire de l'art québécois. Cette exposition rassemble plus de 40 artistes femmes du Québec et du Canada, réunies autour de la question du rapport entre art et engagement féministe.
L'exposition est présentée en parallèle avec « The Dinner Party » de Judy Chicago, une œuvre monumentale de l'art féministe américain. Ce jumelage confère à l'événement une portée internationale et souligne l'importance du mouvement féministe dans les arts visuels à travers l'Amérique du Nord.
La participation de Carmen Coulombe à cet événement témoigne de la reconnaissance de son travail artistique et de son engagement dans le mouvement des femmes. Ses gravures, avec leur langage visuel à la fois intime et universel, trouvaient naturellement leur place dans cette exposition historique.
Carmen Coulombe a su allier rigueur technique et conscience sociale, faisant de l'estampe un outil d'expression et de revendication. Son travail démontre que l'art et l'engagement ne sont pas incompatibles, mais se nourrissent mutuellement.