Art & Féminisme

Dans le Québec des années 1970 et 1980, les femmes artistes luttent pour la reconnaissance de leur travail dans un milieu largement dominé par les hommes. Carmen Coulombe fait partie de celles qui, par leur pratique et leur engagement, ont contribué à transformer le paysage artistique québécois.

Le silence tue, série Femmes ficelées, Carmen Coulombe, 1980

Contexte historique

Les années 1970 voient l'émergence d'un mouvement féministe puissant au Québec, qui touche tous les domaines de la vie sociale, culturelle et politique. Dans le monde de l'art, les femmes artistes commencent à revendiquer leur place, à questionner les structures de pouvoir et à créer des œuvres qui reflètent leur expérience et leur vision du monde.

Carmen Coulombe, cofondatrice d'Engramme et artiste graveure affirmée, incarne cette double dimension d'engagement : elle crée des œuvres qui explorent l'identité féminine tout en participant activement à la construction d'espaces où les artistes, femmes et hommes, peuvent travailler en toute égalité.

Sa série « Femmes ficelées » (1980) est particulièrement emblématique de cette période. À travers des images de femmes entravées par des liens, Carmen dénonce les contraintes sociales imposées aux femmes et interroge les mécanismes d'oppression avec une force visuelle remarquable.

1982 Exposition au MAC
40+ artistes participantes
15 œuvres « Femmes ficelées »

Sa contribution

Carmen Coulombe a su allier rigueur technique et conscience sociale, faisant de l'estampe un outil d'expression et de revendication. Son travail démontre que l'art et l'engagement ne sont pas incompatibles, mais se nourrissent mutuellement.

Cofondatrice d'Engramme — En participant à la fondation d'un centre d'artistes autogéré dès 1972, Carmen a contribué à créer un espace où les femmes artistes pouvaient travailler, exposer et se développer professionnellement en dehors des structures institutionnelles traditionnelles.
Enseignante engagée — Pendant près de 30 ans au Conservatoire d'art dramatique de Québec, Carmen a formé et inspiré des générations d'étudiants et d'étudiantes, leur transmettant non seulement des compétences techniques mais aussi une vision de l'art comme vecteur de transformation sociale.
Artiste de conviction — Les séries comme « Femmes ficelées » et « Racket Story » montrent une artiste qui n'hésite pas à aborder des sujets sociaux difficiles, utilisant la gravure pour dénoncer les inégalités et donner une voix aux expériences des femmes.
Héritage durable — Le parcours de Carmen Coulombe illustre comment l'engagement féministe et la pratique artistique se renforcent mutuellement, ouvrant la voie pour les générations suivantes de femmes artistes au Québec.